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PNM n° 336 (MAI 2016)

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:-) Ci-dessous, le BONUS du mois de mai (article in extenso de Béatrice Courraud à propos du livre de Danielle Bleitrach, publié en version réduite dans la Presse Nouvelle Magazine n° 336 (05/2016) :

Bertolt Brecht et Fritz Lang

Le nazisme n’a jamais été éradiqué


Article de Béatrice Courraud 

 

à propos de       Bertolt Brecht et Fritz Lang – Le nazisme n’a jamais été éradiqué

de Danielle Bleitrach, Richard Gehrke, avec la collaboration de Nicole Amphoux

Éd. LettMotif, 2015, 410 p., 29 € – http://www.edition-lettmotif.com

Bertolt Brecht et Fritz Lang

Le nazisme n’a jamais été éradiqué

de Danielle Bleitrach1

Dans le film de Fritz Lang Les bourreaux meurent aussi, les cloches des horloges carillonnent à intervalles réguliers, ponctuent les événements dramatiques. Le célèbre compositeur Hanns Eisler en est le maître d’œuvre. Nous sommes à Prague en 1942 et Reinhard Heydrich, le bourreau, le Reichsprotektor de Prague va être assassiné par la résistance tchèque le 27 mai 1942.

Le film relate l’histoire de cet assassinat et Fritz Lang et Bertolt Brecht inventent un complot ourdi par le peuple pour charger un faux coupable, le traitre Czaka, dans le but de sauver l’assassin.

L’histoire réelle est différente dans son dénouement. Deux résistants parachutés de Londres exécutent Heydrich au passage de sa voiture. Sept parachutistes trouvent refuge dans la crypte de l’église orthodoxe Saints-Cyrille-et-Méthode mais sont dénoncés par le traître Czaka et les sept hommes se suicideront après avoir mené un combat désespéré.

Lang et Brecht prennent leur distance par rapport à la réalité historique et aux circonstances de l’assassinat de Heydrich dans un seul but : montrer la résistance et la solidarité collective à l’échelle d’une ville entière. Le but est aussi de convaincre le public américain de la nécessité de soutenir collectivement le combat anti-nazi.

Les horloges

La caméra de Fritz Lang survole l’horloge hébraïque de l’Hôtel de ville qui se situe dans l’ancien ghetto de Prague, c’est l’une des rares représentations d’une inscription juive dans le film, mais cette séquence renvoie à une anecdote saisissante contée par Max Brod et reprise par l’historien d’art Gérard-Georges Lemaire dans son « Kafka » (cf. Presse Nouvelle Magazine n°323).

Kafka meurt le 11 juin 1924, l’inhumation a lieu à quatre heures de l’après-midi et lorsque Max Brod accompagne la famille du défunt à son domicile, il remarque que les aiguilles de l’horloge de l’Hôtel de ville n’ont pas bougé, comme si, à ce moment-là, la vie s’était définitivement arrêtée. Et en effet, ce qui se trame alors prend des allures inquiétantes, troubles et menaçantes, se fige dans l’appréhension. La mort de Kafka marque la fin d’une époque, ou le commencement de la fin pour les juifs de Tchécoslovaquie.

Les aiguilles de l’horloge hébraïque, quant à elles, tournent à l’envers. Le temps s’inverse. Retour sur le passé, retour vers les origines de la prise de pouvoir par Hitler2.

Danielle Bleitrach, à ce propos, dans Bertolt Brecht et Fritz Lang, le nazisme n’a jamais été éradiqué, s’insurge contre les fausses assertions. Non, Hitler n’a pas pris le pouvoir de façon démocratique. C’est la collusion entre la grande industrie allemande, les chefs politiques et l’armée qui a permis cette accession. L’auteur revient sur les prémisses et les fondements du nazisme, sur ses cheminements et méandres, sur un film en train de se faire, ses imbrications et implications, sur le climat d’une époque, Berlin, Prague, Hollywood, sur les rapports fraternels et parfois tendus entre le réalisateur Fritz Lang et le scénariste Bertolt Brecht. Retour que Danielle Bleitrach effectue brillamment dans ce livre, sociologie du cinéma où champs artistique et de l’histoire se croisent, œuvre magistrale, étude foisonnante, riche en analyses, documentation, renseignements et enseignements, contenant de multiples liens et références, dont la rédaction s’est étalée sur cinq années et dont le résultat est totalement impressionnant.

Danielle Bleitrach effectue aussi un retour vers son propre passé – comme nous le verrons à la fin de l’ouvrage dans sa Postface mémoire – sur le lieu de sa petite enfance, évoquant un souvenir qui déterminera ses choix de vie, ses engagements politiques, le choix de son métier, de ses recherches et écrits, souvenir qui restera comme une blessure définitivement ancrée dans son esprit et dans sa chair.

À partir des années 1930, les événements vont donc à la fois se figer et se précipiter. Les signes de la montée du nazisme et les relents nauséabonds de l’antisémitisme sont sensibles à travers l’Europe. Une grande partie des juifs de Tchécoslovaquie commence à fuir le pays quand il en est encore temps. On comptait 300 000 juifs en Tchécoslovaquie avant-guerre, la République tchèque n’en compte plus que 6 000, aujourd’hui.

C’est la nuit à Prague

Les Allemands entrent dans Prague. Prague capitule.

Le climat, le décor, les personnages, se mettent en place, le système de destruction massive se met en route, il faut des hommes sans états d’âme pour conduire le programme d’extermination du peuple juif et le mener jusqu’à son terme, l’Obergruppenführer Reinhard Heydrich est le personnage idéal, c’est lui qui est aux avant-postes, il a la haine chevillée au corps, qui va lui permettre de prendre l’initiative :

« Heydrich, le bourreau de Prague, prononce le texte de la Solution finale
bien avant la conférence de Wansee, dès que les troupes entrent en Pologne »

Il joue un rôle essentiel dans l’organisation des Einsatzgruppen3 dont la mission était l’exécution de tous les opposants dans les pays occupés et le meurtre de masse des juifs.

Reinhard Heydrich porte plusieurs casquettes, et non des moindres : il est à la fois le chef de la Gestapo et des services secrets nazis, le planificateur de la Solution finale, le « bourreau de Prague », le bras droit d’Himmler – on l’appelle « HHhH », Himmlers Hirn heißt Heydrich, le cerveau d’Himmler s’appelle Heydrich.

C’est la nuit dans Prague à l’atmosphère fantastique et fantasmagorique, où rôdent la silhouette de Kafka et son double Joseph K avec un corbeau sur l’épaule, c’est la nuit sous le pont Charles, sur la Vltava, dans les ruelles, les passages de la vieille ville, une ville que surplombe la cathédrale noire Notre-Dame-de-Týn avec ses sinistres tourelles de guet.

Prague baigne dans l’« Unheimlich », « l’inquiétante étrangeté » avec ses fantômes, ses maléfices, ses ensorcellements. Prague se prête à la démesure, à la folie, aussi bien à l’héroïsme qu’à la trahison. Étrange et inquiétant est l’automate squelette de l’horloge astronomique de la Vieille Ville qui appelle les heures avec sa clochette, inquiétante et étrange, entre l’animée/l’inanimée, est la figure du Golem – qui signifie en hébreu « embryon », « inachevé » – statue d’argile dotée du pouvoir de vie, fabriquée par le rabbin Loew du ghetto de Prague pour protéger les juifs de la persécution. D’après la légende, sur son front figure le mot emet (« vérité ») qui devient, lorsque sa première lettre est effacée, met (« mort »), faisant retourner l’homme artificiel à la poussière. Image à la fois repoussante et fascinante, éclairante et obscure, et dont Fritz Lang s’inspirera pour représenter l’humain dans ses mystères abyssaux, ses frustrations, ses terreurs et sa misère.

Les nazis auront tout loisir d’accomplir leur œuvre dévastatrice dans une Tchécoslovaquie annexée au grand Reich où un peuple est tétanisé par la peur.

La machine de mort se met en marche et ce qui reste de résistance se planifie et s’organise depuis Londres.

Lang et Brecht

Entrent en scène deux figures célèbres de l’intelligentsia intellectuelle, deux personnalités littéraires et artistiques phares, Fritz Lang, cinéaste, Bertolt Brecht, auteur dramatique, écrivain, poète. Ils habitent Berlin. Ils sont Autrichiens. Le premier est né à Vienne. La ville de Vienne en 1900 est un vivier artistique. C’est là que naissent la psychanalyse de Freud, la pensée philosophique de Wittgenstein, l’architecture fonctionnaliste d’Adolf Loos, la modernité musicale de Berg, Schoenberg, Webern. Le cinéma de Fritz Lang gardera les traces du creuset viennois. Le second, né en Bavière, passe sa jeunesse à Munich où dès 1918, avec Baal et La noce chez les petits bourgeois, il élabore un principe théâtral appelé « distanciation » (Verfremdungseffekt) qui, contrairement au théâtre aristotélicien, ne permet pas au spectateur de s’identifier aux personnages mais l’amène à se confronter directement au réel, et à s’interroger sur ses effets, à quitter sa position de spectateur passif.

Danielle Bleitrach nous précise : « Brecht et Peter Lorre4 mettent au point le “gestus social” », ce qui dans l’action révèle, à travers le jeu de l’acteur, son être social.

Le mythe fondateur du Golem, la psychanalyse, la musique, les arts plastiques, l’architecture, le constructivisme et le surréalisme du début du XXe siècle, la Deuxième Guerre mondiale, la Révolution soviétique, formeront pour les deux hommes le ciment d’une recherche formelle, d’une réflexion et d’un combat politiques. Ils se tiendront constamment et sans jamais faillir aux côtés de l’opprimé, du travailleur pliant sous le joug du capitalisme, aux côtés des victimes du nazisme, aux côtés des persécutés. Brecht deviendra très tôt marxiste.

Rencontre à Berlin

Lang rêve de faire un film avec Brecht. En 1934, le cinéaste s’enfuit d’Allemagne pour se réfugier aux États-Unis et il fera venir le metteur en scène à Hollywood en prenant lui-même son voyage en charge. Ce dernier arrive en 1941 et tous deux vont réaliser leur unique œuvre commune, Les bourreaux meurent aussi, en 1943.

Brecht écrit le scénario et les dialogues, Lang assure la mise en scène.

« Lang et Brecht se sont trouvés dans une collaboration politique, éthique et esthétique, dans un antinazisme fondamental. »

Chacun à sa manière se situe dans une perspective de lutte antinazie, dans une dénonciation de la corruption qui prend sa source dans la déliquescence de la République de Weimar, avec la collusion entre la pègre, la voyoucratie et le pouvoir politique et économique, une pègre qui va faire le lit du fascisme. L’un est communiste (Brecht), l’autre pas (Lang), mais ils ont détecté les signes avant-coureurs du fascisme, Brecht bien avant Lang cependant. Chacun va matérialiser à sa manière cette hantise en mettant en scène des histoires et des personnages ancrés dans le climat de haine, de violence de l’époque, où s’inscrit la grande misère du peuple, des personnages luttant contre la fatalité, entraînés dans un combat avec eux-mêmes, contre les forces obscures qui les gouvernent.

Cette prise de conscience se traduira chez Lang par la réalisation en 1931 de M le Maudit et en 1933 par Le testament du Docteur Mabuse.

Les premières grandes œuvres de Brecht datent de 1919 avec La noce chez les petits bourgeois, Tambours dans la nuit en 1919 et Dans la jungle des villes en 1922.

 « Le héros brechtien, souligne Danielle Bleitrach, n’est pas déterminé à l’avance par un caractère ni par un destin. Il est éminemment contradictoire, prêt à se démentir à chaque instant. Le personnage épique est celui qui se transforme et transforme, par opposition au théâtre dramatique où, à travers les types, tout est connu d’avance ».

« Lang rejoint Brecht, ajoute l’auteur. Il ne s’agit même pas de la victoire, il n’y croit pas, mais la lutte elle-même, est le combat contre la fatalité (…) ».

« Tous mes films sont un combat contre le destin, ce qui est important est le combat, pas la destinée ». [Lang]

A la fin des années 40, Lang et Brecht seront victimes du maccarthysme. Brecht, en tant que communiste, en subira davantage les conséquences dévastatrices et devra de nouveau prendre le chemin de l’exil.

« Le nazisme n’a jamais été éradiqué »

« Pour lui, le fascisme n’est pas vaincu par la fin de l’Allemagne nazie. “La bête immonde” a pris d’autres formes, celle de l’horreur nucléaire, si l’on oublie ce dont le Capital a été capable. Auschwitz et Hiroshima ne cesseront pas d’être le destin de l’humanité pour Brecht : “Le ventre est encore fécond”, le capitalisme demeure, la chambre à gaz est toujours potentiellement l’œuvre d’art d’IG Farben (…) ».

Beaucoup ont dit oui par lâcheté et d’autres ne se sont pas fait les complices des criminels et ont eu le courage de dire non. C’est le message venu d’Amérique que Fritz Lang et Bertolt Brecht envoient aux peuples du monde entier à travers leur vie et leur œuvre.

« (…) Dans “Homme pour homme”, Galy Gay, le héros, est déjà le soldat Schweik. Il s’agit d’un homme paisible qui ne sait pas dire non et qui va au marché pour acheter un poisson. Par pure complaisance, il rend service à un groupe de militaires à qui il manque un quatrième. Gay, Sancho Pança, le civil né, l’allemand toujours prêt à coiffer un bonnet de nuit, se retrouve militaire, de reniement en reniement, et il part au front. Si l’on montre le personnage sous l’aspect psychologique, c’est un être inoffensif qui ne cesse de céder. Comme il achète un concombre au lieu d’un poisson, il enfile un uniforme trop étroit et des bottes qui lui blessent les pieds. Mais, dès qu’on prend ce type d’individu sur le plan historico-social, le brave homme qui ne sait pas dire non à l’ordre du crime et de la violence devient le complice né des pires criminels. L’histoire du siècle de la boucherie de 1914-1918 jusqu’à Hiroshima en passant par les guerres et l’extermination, est celle des masses qui ne savent pas dire non... leur neutralité est la pire des menaces pour la paix (…) »

Le montreur d’ombres

Nous sommes en 1943, l’année de réalisation de Les bourreaux meurent aussi.

Danielle Bleitrach a quatre ans et la vie de la petite fille ne tient qu’à un fil, à un fil de cette étrange et inquiétante marionnette qui s’agite frénétiquement devant elle.

La famille Bleitrach se cache à Cannes, dans une sorte de palace divisé en appartements quand surgit la Gestapo. C’est la rafle. Un homme qui ressemble à Georges Raft s’extasie sur la beauté de l’enfant alors que les gens sont plaqués contre le mur, mains en l’air. L’homme fait asseoir l’enfant sur une chaise avec interdiction de bouger et c’est alors que survient un événement qui marquera à jamais l’esprit de la petite Danielle : l’ombre d’un lapin danse sur le mur en face, c’est un homme qui le fait danser, cet homme, c’est le concierge de l’hôtel, il n’est pas juif, il se fait montreur d’ombres pour divertir l’enfant et l’empêcher de voir la scène tragique qui se passe à ses côtés, il simulera ensuite une agression pour semer le désordre et sauver Danielle Bleitrach des griffes de la Gestapo.

Tout est affaire de regards.

Nous sommes en plein cœur du fantastique, entre rêve et réalité, réel et imaginaire, au cœur de la vision cinématographique de Fritz Lang et de la vision théâtrale de Bertolt Brecht.

Au cœur de l’Histoire. <

Béatrice Courraud

AUX HÉSITANTS

BERTOLT BRECHT

Tu dis :

 

Pour nous les choses prennent un mauvais pli.

Les ténèbres montent. Les forces diminuent.

Maintenant, après toutes ces années de travail,

Nous sommes dans une situation plus difficile qu’au début.

 

Et l’ennemi se dresse plus fort qu’autrefois

On dirait que ses forces ont grandi. Il paraît désormais invincible.

Nous avons commis des erreurs, nous ne pouvons plus le nier.

Nous sommes moins nombreux.

Nos mots sont en désordre. Une partie de nos paroles

L’ennemi les a tordues jusqu’à les rendre méconnaissables.

 

Qu’est-ce qui est faux dans ce que nous avons dit,

Une partie ou bien le tout ?

Sur qui pouvons-nous compter? Sommes-nous des rescapés, rejetés

d’un fleuve plein de vie ? Serons-nous dépassés

ne comprenant plus le monde et n’étant plus compris de lui ?

 

Aurons-nous besoin de chance ?

Voilà ce que tu demandes. N’attends

pas d’autre réponse que la tienne.

(1933 - Poème traduit de l’allemand par Olivier Favier)

NOTES

1. Danielle Bleitrach, sociologue, universitaire spécialiste de la mondialisation et du développement, auteur de nombreux ouvrages sur le mouvement ouvrier, l’Amérique latine et plus récemment sur l’espace post-soviétique, a voulu interroger deux antinazis. Il s’agit de deux références dans leur domaine, Brecht et Lang, dont la rencontre a lieu à Berlin – L’Opéra de quat’sousM le Maudit – puis l’exil. Là, ils retrouvent un autre grand, Hanns Eisler, le musicien, le communiste, et ils font un film sur l’assassinat d’Heydrich, le bourreau de Prague : Les Bourreaux meurent aussi. Heydrich est le bourreau des juifs, l’organisateur de la Solution finale, question juive à laquelle il ne sera pratiquement pas fait allusion dans le film. Pourquoi ce silence, pourquoi le choix de la fiction, l’histoire d’un mensonge collectif de la population pragoise ? Mais surtout en quoi, aujourd’hui, le vaccin antifasciste a-t-il désormais perdu son efficacité, laissant chacun impuissant devant le retour des périls ?

2. « Les élections de novembre 1932 sont marquées par un reflux important des nazis qui perdent deux millions de voix. En revanche, le KPD – les communistes – connaît une progression importante et, avec le SPD, 13 millions d’Allemands votent pour la gauche. Malgré ce fiasco des nazis, ou à cause de lui, de crainte que surgisse un mouvement révolutionnaire ( …) l’élite financière et politique conservatrice s’entend. Le 30 janvier 1933, Hindenburg, qui représente la respectabilité et l’armée, invite Hitler à diriger le gouvernement. »

3. De 1940 à 1943, les Einsatzgruppen assassinèrent plus d’un million de personnes, essentiellement des juifs (la Shoah par balles) et à partir de 1941, des prisonniers de guerre soviétiques. Aussitôt après fut planifiée l’extermination de tout le peuple juif et tzigane dans les camps de la mort.

4. Peter Lorre (1904-1964), de son vrai nom László Löwenstein, naît de parents juifs en Autriche-Hongrie. Il commence sa carrière de comédien à Vienne et est formé au théâtre par Bertolt Brecht, il interprète notamment le rôle de Galy Gay dans Homme pour homme. C’est au cinéma, avec M le Maudit, réalisé par Fritz Lang (1931) qu’il connaît la renommée. Il y interprète le rôle d’un tueur d’enfants. Il domine l’écran par son jeu, son physique et sa présence. M le Maudit est l’œuvre maîtresse de Lang, une œuvre prémonitoire, et l’un des plus grands films de l’histoire du cinéma.

 

Cet article de Béatrice Courraud a été publié en version réduite dans la Presse Nouvelle Magazine n° 336 (05/2016)

 

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